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Sweet Home 3D Blog

This blog presents news and tips about Sweet Home 3D.

And you, did you notice that GNU is now 30 years old?

 In the Free Software Foundation, in Boston, it's also celebration period during the past days: The GNU GPL is 30, the opportunity to talk again about Stallman and his heritage with Muriel Shan Sei Fan, who is in charge of the Groupe thématique Logiciel Libre (GTLL) in Paris. 

 C’était la fête, à Boston, il y a quelques jours à l’occasion des 30 ans de la Free Software Foundation. L’occasion pour nous de revenir comme prévu sur la notion de logiciel libre et l’héritage de Richard Stallman avec un entretien avec Muriel Shan Sei Fan, responsable du Groupe thématique Logiciel Libre (GTLL) au sein du Pôle de compétitivité Systematic Paris-Region.

Muriel connaît le mouvement du logiciel libre depuis le début des années 2000. Elle a été au conseil d’administration de l’Aful entre 2006 et 2008 (Association Francophone des utilisateurs de Linux, une des associations pionnières du logiciel libre). Elle a aussi été éditrice aux éditions Eyrolles, a créé la collection Accès libre, et a notamment édité, en collaboration avec l’intéressé lui-même, la biographie autorisée française de Richard Stallman, sur une initiative d’adaptation de Framasoft, dont nous avons parlé récemment. Elle fut aussi l'éditrice des deux livres Bien programmer en Java 7 et Les cahiers du programmeur Swing d’Emmanuel Puybaret, le développeur de Sweet Home 3D !

Le GTLL de Systematic s'est fixé pour mission de développer et d’animer l'écosystème du logiciel libre en Île-de-France, de susciter des projets innovants, de développer et de pérenniser les industriels du logiciel libre et de faire progresser réflexion et communication autour des fondamentaux du logiciel libre. Par ailleurs, le groupe s’occupe de faire connaître aussi le logiciel libre auprès de la Commission européenne.

- Où en est l’élan éthique insufflé par Stallman il y a trente ans ? Est-ce que la licence GNU GPL est encore dynamique ? 

La licence GPL est très visible à travers le monde, c’est aussi la licence la plus ancienne.
Les idées de Stallman ont diffusé dans de nombreux domaines : nécessité de l’interopérabilité et de standards ouverts, partage et identification de biens communs, réflexions sur le droit d’auteur et les abus de la propriété intellectuelle (avec entre autres la lutte contre la brevetabilité des logiciels), l’open data et plus généralement la sauvegarde du contrôle par les utilisateurs de leurs machines et logiciels.

En France, la production de logiciel libre est quasi une tradition ; elle est bien ancrée notamment grâce à la communauté des chercheurs en informatique, excellente, et grâce au dynamisme inhérent au mouvement. C’est probablement le pays d’Europe le plus dynamique en matière d’écosystème open source. Le paysage associatif est très riche, assez structuré (Aful, April, associations régionales d’utilisateurs (LUG), Conseil national du Logiciel libre, PLOSS, LinuxFR, mais aussi la FFII, etc.). L’État français semble par ailleurs éclairé et bien informé en matière d’open sSource. De par le monde, il y a aussi des pays capables de mener des politiques volontaristes en la matière, tel le Brésil de mémoire. 

- Y a-t-il des débats de choix entre licences (GPL versus d’autres licences) ? Entre les notions d’open source et de logiciel libre ? Comment s’inscrivent les licences Creative Commons dans ce mouvement ?

C’est vrai que les licences open source ont montré leur efficacité du point de vue commercial. Leur caractère non viral rassure les industriels qui veulent pouvoir vendre à des clients pensant avoir besoin de secret ou d’exclusivité. De par leur succès social, des communautés open source, telle celle du développement du noyau Linux, ont probablement détourné des développeurs du projet GNU, d’où l’impression d’animosité latente de Stallman envers elles.

Les licences Creative Commons, qui datent de 2001, couvrent comme leur nom tend à l’indiquer, des œuvres artistiques : elles s’appliquent à toute œuvre, et pas spécifiquement à des logiciels, comme c’était le cas de la GPL au début – la GPL qui avait d’ailleurs donné, pour les textes de documentation des logiciels, la GFDL, dont les licences Creative Commons ont sans doute été inspirées. Stallman y a adhéré naturellement (Lawrence Lessig qui avait conçu la mécanique juridique de la GPL aux côtés de Stallman était d’ailleurs au conseil d’administration des Creative Commons).

Elles ont probablement permis de bien expliciter pour le lecteur l’étendue de ce qu’il avait le droit de faire d’un texte, alors que, sans aucune licence, c’est implicitement le droit d’auteur qui s’applique ; peu de gens savent vraiment à quoi s’en tenir, ce qui provoque une sorte d’autocensure dans la réutilisation. Les licences Creative Commons ont été déclinées par modes (parfois avec des dépendances entre eux d’ailleurs) : attribution aux auteurs obligatoire ou pas (clause BY), utilisation commerciale ou pas (clause NC, Non Commercial), obligation ou pas de rediffuser des dérivés sous la même licence (clause SA, Share Alike), possibilité ou pas de distribuer des dérivés (clause ND, No Derivatives). Et l’organisation des Creative Commons fait d’ailleurs un travail de formalisation de la compatibilité avec d’autres licences (GPL, etc.).

- Que sait le grand public du logiciel libre aujourd’hui en France et ailleurs ? Et les professionnels ? 

Je ne suis pas sociologue, dans cette question j’entends "grand public" comme l’ensemble des non-initiés qui sont pourtant, sans le savoir, concernés par la question du logiciel libre, de par leur usage de l’informatique. 
Stallman n’est pas très connu en France hors du cercle des informaticiens ou des avant-gardistes du numérique (ceux qui ont compris toutes les possibilités offertes par l’informatique, ceux qui parlent d’open data, etc.). Ceux qui le connaissent l’admirent, et lui-même est très francophile et attaché à la devise républicaine "Liberté, égalité, fraternité" qu’il cite souvent.

Dans les milieux des développeurs professionnels, l’éthique s’invite rapidement au cœur du travail, car le travail est rapidement immanquablement collaboratif. J’ai toujours trouvé que le sentiment de responsabilité sociétale des développeurs de logiciel libre était très fort. Les geeks (au sens noble du terme) ne tiennent rien pour acquis ; ils ont un esprit critique très développé. Ils sont souvent brillants – parfois avec un léger excès de certitude. 

Par contre, il faut reconnaître que le grand public est encore très mal informé sur les notions de logiciel libre. Pour l’heure c’est principalement à travers l’utilisation d’alternatives bureautiques libres (LibreOffice) et de navigateurs open source (Firefox), et souvent d’abord pour des raisons de gratuité... Même si les fondations LibreOffice, Mozilla, ont beaucoup œuvré pour faire comprendre l’importance de  sauvegarder le contrôle de ses logiciels. 
Peu de gens se rendent compte à quel point le cœur du fonctionnement de l’Internet est animé par des logiciels libres ou open source. Qu’il y a de grosses masses de codes qui requièrent de faire du collaboratif, du contrôle qualité de masse, et qui nécessitent d’être outillé pour gérer cette collaboration. Il n’y a pas le choix.
Espérons que de plus en plus de gens se poseront la question du logiciel libre, de l’existant logiciel en termes de développement durable et de pérennité. Mais soyons positifs, il y a dix ans, les gens savaient encore moins comment marchait Internet. Donc ça avance, au final !

Pour revenir à votre question, le gros frein, pour le grand public, c’est d’arriver à s’emparer du sujet, car la notion de code source reste assez technique. Certes on peut faire des analogies, comme la recette de cuisine – ou mieux, parler de secret de fabrication. 
Plus généralement il y a une grande a-culture informatique des gens. Peu de gens se posent de questions sur "comment ça marche" et "qui est derrière". Quant aux informaticiens compétents, qui seraient capables d’expliquer, ils sont débordés !

Quant aux professionnels de l’informatique, c’est difficile aujourd’hui d’imaginer un développeur, ou chef de projet informatique, ou architecte, qui ignorerait tout du logiciel libre (mécanisme des licences, modes de production collaboratifs sous github, communauté, adoption par les GAFA, méthodes agiles, etc.).
Et les pouvoirs publics ont quand même été sensibilisés. Pour preuve les annonces de la "DSI de l’Etat" ou l’apparition de vrais cursus de programmation dans l’éducation commune (voir le premier manuel sur l’option informatique au lycée).

- Comment le logiciel libre est-il financé de nos jours ?

Outre que beaucoup de logiciels libres sont produits par des chercheurs de laboratoires publics et privés, de nombreux autres acteurs économiques en produisent : éditeurs, sociétés de services et intégrateurs, fondations ; on a pas mal communiqué auprès des entreprises sur les modèles économiques propres aux licences libres. Au niveau commercial, juridique, etc.
D’ailleurs, en parlant de communication, le GTLL communique sciemment sans faire de distinction entre open source et logiciel libre, pour fédérer plutôt que cliver la communauté. 

Nous avions d’ailleurs invité le créateur de Sweet Home 3D à venir témoigner du succès du projet à la plénière du Groupe thématique Logiciel libre de Systematic en janvier 2014.

- Merci beaucoup, Muriel.

Merci et longue vie à Sweet Home 3D !



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